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Nos éditoriaux

Des réformes concrètes pour renforcer le pouvoir d'achat et l'équilibre social

Le mot du président
29 octobre 2026
Paul Gries - Président

Chers membres,

Avec le budget de l’État 2027 et la réforme fiscale prévue pour 2028, le gouvernement luxembourgeois poursuit l’objectif de renforcer le pouvoir d’achat des ménages, de stabiliser les coûts énergétiques et de réformer en profondeur la fiscalité des particuliers.

Des améliorations sont prévues pour 2027 pour de nombreux citoyens, notamment une augmentation du salaire minimum de 3,8 %, une hausse des prestations familiales ainsi qu’un allègement des frais de garde d’enfants. À cela s’ajoute la poursuite des mesures de soutien en matière de politique sociale, en particulier pour les familles et les ménages à faibles revenus.

L’évolution des prix de l’énergie reste toutefois un facteur déterminant pour le pouvoir d’achat réel. Personne ne dispose d’une boule de cristal. L’hiver approche à grands pas et une grande partie des mesures d’allègement prévues jusqu’à présent dans le cadre des accords tripartites arrive à échéance. Il reste à voir comment les prix de l’énergie évolueront au cours des prochains mois et quelles charges supplémentaires pèseront sur les ménages.

Les investissements à long terme dans la transition énergétique et l’efficacité énergétique sont sans aucun doute judicieux et nécessaires. Pour les citoyens qui ont déjà aujourd’hui des difficultés à payer leurs factures courantes, ces mesures n’apportent toutefois que peu de soulagement à court terme.

La réforme fiscale prévue pour 2028 place le gouvernement face à un défi majeur sur les plans budgétaire et social. Pour chaque citoyen, ce qui est déterminant, ce n’est pas seulement le montant de l’impôt sur le revenu qu’il paiera à l’avenir, mais surtout le pouvoir d’achat supplémentaire dont il disposera réellement.

Une part importante du financement de cette réforme doit provenir de ce qu’on appelle la « progression à froid ». L’absence d’ajustement du barème fiscal à plusieurs tranches d’indexation génère des recettes fiscales supplémentaires. Ainsi, les ménages imposables contribuent déjà en 2026 et 2027 au financement d’une réforme dont les allègements ne prendront effet qu’en 2028.

C’est précisément là que réside une question centrale : à combien s’élève l’allègement net réel si l’on tient compte des charges fiscales supplémentaires des années précédentes ? Et quels groupes de population en bénéficieront finalement le plus ?

Pour de nombreux ménages, les charges supplémentaires liées au barème fiscal non ajusté se font déjà sentir aujourd’hui. Cela est particulièrement problématique à une époque où le coût de la vie reste élevé et où la marge de manoeuvre financière est de plus en plus mise à mal.

L’évolution des taux d’intérêt constitue une charge financière supplémentaire pour une partie des ménages. Les citoyens ayant contracté des crédits immobiliers à taux variable sont particulièrement touchés. La hausse des mensualités de crédit peut absorber une part considérable du revenu disponible et réduire partiellement, voire totalement, les allègements fiscaux éventuels.

L’amélioration réelle du pouvoir d’achat ne peut donc pas être évaluée uniquement à l’aune des baisses d’impôts, des indexations ou des aides à l’énergie. Il faut également tenir compte de l’évolution des coûts du logement, des charges liées aux crédits et du coût de la vie en général.

Conclusion : ce n’est pas le montant total des allègements annoncés qui est déterminant, mais ce qu’il reste réellement dans le budget des ménages à la fin du mois.

Une politique fiscale et sociale équitable doit tenir compte des différentes situations de vie, répartir équitablement les charges financières et, en particulier, éviter que les ménages à revenus faibles et moyens ne soient pénalisés de manière disproportionnée.

L’approche globale doit être cohérente. Le pouvoir d’achat, l’équilibre social et l’équité fiscale vont de pair.

L’ULC s’engage sans relâche dans ce sens, dans l’intérêt des consommateurs.

Paul Gries
Président de l’ULC

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