L’été approche à grands pas, et nombreux sont ceux qui ont déjà réservé leurs vacances.
Mais parmi ceux qui ne l’ont pas encore fait, beaucoup hésitent entre les modes de transport et guettent avec inquiétude l’évolution des prix des carburants.
Alors que l’énergie coûte toujours plus cher et que l’urgence climatique s’impose, le train devrait logiquement devenir le mode de transport privilégié en Europe. Pourtant, pour de nombreux voyageurs, prendre le rail reste souvent compliqué… et reste plus cher qu’un vol low cost.
Tandis que le secteur du rail supporte déjà en temps normal des péages ferroviaires élevés, des taxes et des coûts d’infrastructure importants, il souffre lui aussi dans une certaine mesure de la crise énergétique actuelle qui entraine une hausse du prix de l’électricité.
Pendant ce temps l’aviation continue de bénéficier d’avantages fiscaux historiques, notamment sur le kérosène et parfois sur la TVA des billets internationaux. Résultat : voyager en train reste souvent plus cher que prendre l’avion.
Il n’empêche que sur certains trajets, l’augmentation du prix des billets d’avion est telle que l’écart des prix entre l’avion et le train se réduit : Cela vaut peut-être la peine de vérifier avant de réserver ses billets !
Et qu’en est-il de cette proposition de règlement « Passenger Package » présentée en mai par la commission européenne ? Ne contiendrait-elle pas une harmonisation susceptible d’entrainer une réduction des coûts des billets ?
Ce nouveau « Passenger Package » promet davantage de transparence sur les billets, une meilleure information des voyageurs, et une protection renforcée des passagers en cas de retard ou de correspondance manquée, et à terme, des réservations plus simples entre compagnies ferroviaires européennes. L’objectif affiché est clair : rendre les voyages internationaux en train plus fluides et plus attractifs. Des avancées utiles et bienvenues, mais avec quel effet sur les prix des billets ? Si le train devient plus attractif, la demande va augmenter, et on ne peut pas exclure que cette augmentation de la demande exerce une pression à la hausse sur les prix ! D’un autre côté, on peut aussi espérer que la vente de billets multi-compagnies augmente la concurrence et qu’ensemble avec l’amélioration de la transparence des tarifs, cela exerce à l’inverse une pression à la baisse sur les prix. A voir. Le règlement n’en est de toute façon qu’au début du processus législatif.
Et quoi qu’il en soit, ces nouvelles mesures n’agiront pas sur les causes profondes du déséquilibre économique entre le rail et l’aérien.
Globalement, sans un rééquilibrage des taxes entre les secteurs (qui ne ferait certes pas l’unanimité !), sans baisse des coûts d’accès au réseau ferroviaire ni véritable harmonisation européenne, le train aura peu de chances d’être compétitif face à l’avion.
Ne boudons cependant pas la proposition de la Commission car elle a au moins le mérite de faciliter les réservations et d’améliorer les droits des voyageurs transfrontières.
En attendant, cet été plus que jamais, comparez bien les différents modes de transport et leurs prix ! Et, on ne le répétera jamais assez, lisez bien aussi les contrats de voyages et leurs conditions générales !
Aline Rosenbaum
Directrice